Se comporter à l’étranger.

Il existe 1000 façons de dissocier un français parmi un groupe de suédois dans les rues de Stockholm. Par français, j’entends français de passage, le touriste qui a découvert où se trouvait Stockholm avant hier, au moment où Ryanair lançait sa dernière campagne Paris/Stockholm pour pas plus cher que l’Âge de Glace en 3D au Grand Rex.

Ce qu’il y a de tout à fait étonnant, c’est la façon que nous, français, avons de nous comporter absolument partout pareil dans le monde, comme si tous les continents s’appelaient Paris. Jamais il ne vient à l’esprit du français que passer quelques jours dans un pays, c’est aussi l’occasion de s’y intégrer un peu, ne serait-ce que pour une semaine de vacances.

La première barrière est bien entendu la langue. Il semblerait que malgré des cours d’anglais que nous avons reçu depuis l’âge de 12 ans, même dire « merci » en anglais relève de l’effort difficilement surmontable. C’est donc en toute bonne conscience que le français dira « merci » lorsqu’il achètera ses cartes postales dans la vieille ville, en étant convaincu que sa langue est internationale. Si un problème de compréhension avec son interlocuteur intervient, il ira très vite râler sur ces pays où il est impossible de se faire comprendre. Peu de temps après, il apprendra que « merci » se dit « tack! » en suédois, ce qui aura immédiatement pour effet de le remettre de bonne humeur.  Et on comprend.

Cliché de taille que celui du français qui râle… à sa (notre) décharge, il est vrai que les occasions de râler ne manquent pas. Surtout quand le prix du bagage en soute chez Ryanair l’a contraint à ne pas prendre de valise, et que c’est avec ses deux uniques shorts et sa paire de tongs qu’il ira découvrir la ville… souvent sous la pluie. Visiblement, l’été ne dépasse pas la frontière danoise en 2009.

Il est évident qu’un français ne s’adapte pas au pays qu’il découvre. C’est le pays qui doit s’adapter au français. Le phénomène s’applique d’ailleurs au quotidien, que ce soit avec la troupe de parisiens qui crée l’anarchie dans la file d’attente du bus à Stockholm, pourtant d’habitude si paisible, ou le père de famille qui, à la descente de l’avion se rend immédiatement au Systembolaget, avant d’aller faire constater à femme que le prix du pinard dans ce pays de cons coûte à l’aise un aller retour Paris-Béziers.

Effectivement, il ne fallait pas se priver, il fait tellement plus beau dans le sud de la France.

a27c11c10dbe83b279d944df1c347bf1full

Partager sur les réseaux:
error0

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *