Les suédois sont beaux, sympathiques, curieux, intelligents, blonds, généreux. Ils s’intéressent, questionnent, se cultivent, s’entraident. Ils prêtent, donnent, empruntent, confient, troquent, en tout confiance. On a d’ailleurs rarement vu un suédois radin, et le peu qui subsistent ont tous été placé dans une grande boite que l’on appelle Östermalm (l’équivalent de notre Neuilly national), de sorte qu’ils évoluent dans un milieu qui leur est propre, qu’une bonne partie de la population a néanmoins du mal à comprendre.

En Suède, un gant perdu dans la rue se retrouvera accroché à un arbre dans l’attente de son propriétaire. Vivre à Stockholm, c’est le fabuleux destin d’Amélie Poulain avec Yann Tiersen comme musique dans les ascenseurs. Les journaux discutent de la défaite de Söderling, de ce type qui vient de sortir un requin de 3 tonnes de ses filets, et qui semble très content.  D’ailleurs, tout le monde est content, en Suède. Même si ils ne sont franchement pas nombreux à avoir sorti un requin de 3 tonnes de l’eau.

C’est tout à fait curieux, pour un étranger, de vivre dans un pays où tout le monde est content. On arrive ceci dit à s’y faire, rapidement. Et puis, à quelques reprises durant l’année, on se retrouve sur le vol de 19h25 en direction de CDG, un vol en direction du monde réel. Et ça fait du bien.

La carte orange devenue hors de prix, un leader socialiste qu’on a visiblement perdu et des émissions dédiées intitulées “DSK, Sexe et Politique”. Un périphérique impraticable à toute heure en 2011. Des gens qui gueulent, de la pluie pour la finale de Rolland Garros, des agios de 9€ par jour pour les clients de la Caisse d’Épargne.

C’est un plaisir, que de passer quelques jours en France. Et puis reprendre un vol, retourner chez nos amis suédois, toujours très contents. On tourne la tête, il ne reste plus que la Suède et ses pêches miraculeuses. On y passe quelques mois, puis finalement, se languir de Paris, du Truskel, de la bière renversée sur nos chaussures. Alors on reprend un vol, probablement celui de 19h25.

Paris, Stockholm, je vous aime!