C’est un fait: malgré des traits de caractères que nombreux pourraient qualifier de singuliers, les suédois ne restent pas moins des gens normaux (pour la plupart) qui travaillent, mangent, dorment et boivent des coups avec les copains.

Boire des coups… Une activité que les suédois affectionnent particulièrement, avec à chaque fois autant de réjouissance qu’un enfant à qui l’on propose un après midi tir à l’arc en colonie de vacances.

Lorsque certains papillonnent de bars en bars comme un samedi shopping rue de Rivoli, d’autres préfèrent rester à la maison et convoquer leurs amis à domicile pour partager quelques verres.

Partager quelques verres”… Curieusement, il n’est pas vraiment question de “partage” en Suède. Le système que l’on connaît (basé sur la principe de “la communauté”, les bouteilles que chacun ramène se retrouve sur le bar, auquel tout le monde à accès) est inexistant une fois un pied dans le pays. Il est en effet inscrit dans la Constitution Suédoise: « Ton alcool tu ramèneras et ce dernier tu ne partageras« . Ce que chacun s’applique à respecter à la lettre.

Bien entendu, cela donne lieu à des scènes très curieuses, lorsque celui qui aura pensé trop petit se retrouvera à court de liquide en milieu de soirée. Il s’agira alors pour lui d’envisager plusieurs options:

  • Un retour à la maison par constat d’échec
  • Barboter une bière ou 2 dans le frigo en espérant passer inaperçu
  • Proposer 20 couronnes à son voisin pour l’achat d’un verre de JP Chenet (??)
  • Se poser ouvertement contre l’alcoolisme mondain et préférer l’eau minérale à la bière, tout en prétendant que ça, vraiment, ça ne pose aucun problème (toujours avec le sourire)

Dans un pays où le Partage est aussi important que la consommation de hareng à Midsommar, je m’interroge sur cette pratique qui chaque fois m’étonne un peu plus.

Peut-être s’agit-il d’une répartition étrange des responsabilités, lorsque celui qui aura prévu un peu trop large finira en boule sous la table sur les coups de 3h du matin, en tentant désespérément de réciter l’alphabet à l’envers, sans que personne ne se sente vraiment concerné…

ouais en même temps, avec tout ce qu’il a ramené, il l’a pas volé!” entendra-t-on un peu plus tard sur le pas de la porte.