Nous sommes le 31, et en France, on distingue facilement une quinzaine de bouteilles sur la table, un type bizarre qui a les bras en l’air à l’arrière plan et pas mal de paquets de chips.

A 2000 km de là, en Suède, on boit évidemment un mousseux Sud Africain, on est assis autour d’une table et tout le monde semble très souriant.

A minuit, en Suède, on lève son verre, on se fait un câlin, on déplace la table et un type lance Spotify. Tout le monde s’accorde 20 minutes pour appeler les parents et Whatsapper les copains.

15 minutes avant ça, une jolie blonde en robe à pois s’est levée de la table, a demandé à tous les invités de regarder par ici, a pris une photo avec son iPhone et l’a posté sur Facebook.

En France, ça fait déjà 2h qu’on danse sur Antisocial et certains sont déjà tout blanc sur le canap’. On a trouvé un vieux disque de Noir Désir et tout le monde chante qui veut de moi et des miettes de mon cerveau qui veut entrer dans la toile de mon réseau.

On fume des cigarettes à l’intérieur, on se demande quelle heure il est, on se rend compte qu’on a loupé minuit mais personne n’y prête vraiment attention. On s’embrasse quand même, on trinque, on envoie un texto à une fille qu’on regrettera probablement demain matin et un type en profite pour attraper un copain, prendre une photo floue avec son iPhone et la poster sur Facebook.

En Suède, on prendra des bonnes résolutions: pas une goutte d’alcool de Janvier à Mars, apprendre l’espagnol, trouver plus de temps pour lire des bouquins.

En France, on prendra des bonnes résolutions: arrêter de fumer.

Demain, 3 millions de Suédois mangeront une pizza. Demain, en France, on se demandera ce qu’il reste à boire pour l’apéro.