Une nuage et un conard.

L’apprentissage d’une langue nouvelle est toujours très excitant, jusqu’à un certain seuil où, après une ascension faramineuse, la courbe de l’apprentissage stagne lamentablement.

Cette période survient après quelques mois, lorsque les bases sont là, lorsqu’il est devenu possible de commander plusieurs pizzas (par téléphone et sans les asperges), de réserver un court de tennis et d’obtenir quelques renseignements sur l’arrosage de votre plante de salon.

C’est à peu de chose près ce que à quoi ressemble mon suédois aujourd’hui. C’est à ce moment précis, lorsque la courbe stagne, que le plus gros manque se fait ressentir : celui du vocabulaire.

Et c’est aussi le moment le plus jouissif pour ceux qui, chaque jour, vous aide à l’enrichir, ce vocabulaire.

C’est là que, durant quelques mois, il est encore possible de jouer avec celui qui veut apprendre. Et je me souviens très bien de cette période, lorsque celle qui partage mon appartement apprenait le français… Crédule, nécessairement elle l’était, et chaque jour j’aimais à détourner/modifier le sens des mots.

Conseil aux apprentis blagueurs : il est possible de faire croire tout, absolument tout.

Mise en situation : mettons la Suède. Vous êtes au bord d’un lac fantastique, il est 14h et, jus de mangue à la main, vous prenez le soleil. Une troupe de canards en fait de même, juste là, ouais, au bord de l’eau. Il est donc possible de placer “regarde ma douce, tu as vu les 3 conards juste là?

La technique est infaillible. Elle assimilera donc un canard avec un connard, et les déclinaisons n’ont aucune limite. Le masculin et féminin pose aussi un problème certain aux étrangers qui apprennent le français. Voilà pourquoi il est très facile de glisser “une nuage“, “une porte-manteau“, “un église” etc. au milieu d’une conversation. Quelques mots cependant à éviter à tout prix : “un thermos” par exemple n’est pas très approprié. Ou “une thermos“. Ou un. Une. Ouais. Enfin, vous m’avez compris.

Dernière déclinaison possible : inventer un mot. Une sorte de néologisme imbouffable. A celui ou celle qui vous demandera : “comment on appelle ce truc pour ouvrir les conserves?“, répondez “un zbix“. C’est bien, un zbix.

Ce message est à classer dans la catégorie “apprendre à s’amusant“, qui fera prochainement l’objet de mon premier livre dans lequel je vous livrerai tous mes conseils les plus cons pour… apprendre en s’amusant.

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