Il semblerait que, chaque jour un peu plus, la Suède tente d’investir la France. Il fut un temps par exemple où la suédoise se faisait aussi rare que la truffe dans les rues de Paris, et en dénicher une au détour d’un bosquet était considéré comme une opportunité comme il n’en existait que trop peu.
Aujourd’hui, elles viennent par centaines envahir les boulevards parisiens, s’organisent en communauté, remplissent les bars les plus rock de Paris avec les jupes les plus courtes de Paris.

Elles sont plus nombreuses, mais aussi nettement plus expérimentées. Elles possèdent un pass Navigo, savent retirer un Vélib’ en 17 secondes et ont une connaissance encyclopédique des lignes et horaires des Noctiliens parisiens.

Avec les années, elles ont appris à se fondre à la population locale et progressent dans la vie parisienne avec autant d’aisance qu’un agent des services secrets qu’on aurait envoyé à l’étranger. Entendez les balancer des “c’est ouf” et des “j’avoue” à tout va. Si elles n’avaient pas les cheveux transparents, les distinguer de nos chères françaises serait probablement délicat. Regardez les acheter des demies-baguettes, traverser le Boulevard Sébastopol quand le petit bonhomme est toujours rouge et oublier les priorités à gauche sur le périph’.

Quoi qu’il en soit, si elles remplissent Paris, c’est visiblement pour le plus grand bonheur des parisiens. Mais attention à toi, jeune que tu es! Partager sa vie avec une suédoise, c’est aussi savoir faire quelques concessions, et avant que tu n’aies le temps de te retourner, tu mangeras du fromage pour ton dernier petit déjeuner parisien juste avant ton déménagement sur Wollmar Yxkullsgatan à Stockholm. Et dans ce pays, tu ne trouveras ni Noctilien,  ni Boulevard Sébastopol et encore moins de demies-baguettes!